by in Only in India

JoNi se Marient - South Indian style movie poster
Party Beach

Bon, ça faisait un petit moment que nous n’avions rien posté, mais nous avons une bonne excuse.
Fin Mars, nous avons organisé une célébration assez spéciale de notre “union” non-officielle en lançant une fête sur une plage “secrète” de Goa avec une quarantaine d’amis.

On n’aime pas trop partager les détails de notre vie privée ici, mais on voulait tout de même expliquer notre relatif silence depuis quelques semaines… On a eu pas mal de visites et donc beaucoup moins de temps à consacrer à ce blog.

On s’est (encore) rendu compte qu’en Inde, il est parfois facile de faire des choses impossibles ailleurs (et vice-versa bien sûr sinon ça ne serait pas drôle). Et qu’on pouvait avoir de superbes surprises (là aussi, on a depuis expérimenté l’inverse…).

Merci en tous cas à tous ceux qui ont participé à ces festivités et merci à l’Inde et Goa de nous avoir permis de vivre ce très beau moment :)

On essaie de reprendre une vie “normale” maintenant. Même si la normalité ici, heureusement, ça n’existe pas vraiment.

(crédits photo : Olivier)

Nous avons demandé aux amis qui sont venus nous voir ici, en Inde, si ils pouvaient participer au blog en écrivant un article sur leur voyage. Karima est la première a avoir rempli cette mission et voilà donc sa prose :

Kerala backwaters

‘Avec son revolver il me planque contre la paroi. J’ai du mal à ne pas fermer les yeux m’attendant à une détonation imminente. Une peur panique s’empare de moi…’*
Maman : Karimaaaaaaaaa, tu peux poser ton livre deux minutes et nous raconter enfin ton voyage en Inde ?
Karima : Bon okay…par contre c’est pas évident de décrire l’Inde en quelques mots ! Alors ferme les yeux et imagine derrière chaque mot ce qui s’y cache!

THIS IS INDIA maman :
HHindustan Motors
IIncredible
SSacred

IIlluminating
SSuperb

II Love India
NNandi
DDream
IIdyllic
AAaaaahaaahh moment

L’Inde ca se vit, ca se sent, ca se ressent, ca se goûte, ca s’écoute…
L’Inde ca ne se décrira jamais aussi bien -même sur les plus belles photos du monde ou les plus grands livres – que par une âme qui y voyage par elle-même…
Maman : Incroyableeeee, on y va quand ma fille ???
Karima : bientôt InchAllah !

* L’équation Africaine, Yasmina Khadra, 2011

Pour vous donner une idée du type d’itinéraires qu’on peut faire ici (et vous donner aussi envie de venir nous voir), voilà celui qu’a exploré Karima en une petite dizaine de jours seulement, elle s’est donc concentrée sur le Kérala avec Bangalore-Cochin et Trivandrum – Bangalore en avion pour gagner du temps :


Afficher Itinéraire dans le Kérala en 10 jours sur une carte plus grande

by in Only in India

Chicken shop in India

A l’occasion d’une visite de notre famille à Bangalore (les parents de Johanne), nous avons tenu à perpétuer une tradition bien Française même ici en Inde, le “poulet rôti – patates au four” du dimanche midi.

Ceux qui connaissent un peu l’Inde doivent déjà être en train de sourire… Car oui, 90% (si ce n’est plus) des poulets Indiens sont vendus… vivants ! Entassés dans des cages devant des magasins qui leur sont dédiés, leur fraîcheur est garantie ! Leur bonheur et leur bonne santé un peu moins.
Bref, on se disait bien qu’on tenterait l’expérience un jour mais on n’avait pas encore osé. Après tout, pas d’hypocrisie, ceux qu’on mange en France aussi ont été un jour vivant, au moins ici, la chaîne est raccourcie et on sait ce qu’on mange.
Malgré ces grands principes en tête, l’expérience reste quelque chose un peu à part. Déjà, devant la cage, une certaine odeur de poulet pas serein, pour ne pas dire de mort est en suspension. C’est d’ailleurs bien le plus désagréable, parce que pour le reste tout va très vite. On demande un poulet entier plumé, le vendeur en attrape un vivant dans la cage, le passe à un collègue derrière une vitre qui s’en occupe en deux minutes. Le plumage est vite expédié aussi vu qu’ils enlèvent directement toute la peau.
On ramène son poulet dans un sac en plastique après avoir payé 200 roupies (environ 3€).

Petite surprise au moment de le préparer… le poulet est encore chaud. Logique.

Ciel, ma bullet !

20 oct.
2012

Only in India

Un soir, cette semaine, nous rejoignons des amis pour prendre une bière près de chez nous. Il pleuvait quelques gouttes, on avait donc pris la moto pour aller plus vite et on l’avait garée sur le trottoir (très large à cet endroit) comme environ 30 autres véhicules.
En sortant à 23h30, heure légale de fermeture des bars/restos ici, notre moto avait disparu ! Le vol n’est vraiment pas monnaie courante en Inde donc notre premier sentiment fut presque plus la surprise que la panique. On se renseigne auprès des gardes du bar qui nous disent que ce sont les policiers qui l’ont prise ! Très bien, non seulement, on ne savait pas que le concept de fourrière pouvait exister et ensuite on ne comprenait pas pourquoi ils l’avaient prise et pourquoi que la nôtre !!
Bref, nous voilà partis au poste de police. Direct à l’entrée, notre Bullet ! Nous voilà rassurés, on savait à partir de là qu’on allait la récupérer, la seule question qui restait en suspend « à quel prix ? ».
Deux policiers se tiennent à l’intérieur d’une salle blanchâtre avec pour seule décoration un portrait de Gandhi surmonté de fleurs fânées. Au loin, on aperçoit des cellules (vides). Super ambiance ! Un policier regarde la télé et se moque éperdument de notre problème. Le second ne parle que Kannada, mais on comprend déjà d’arpès ce qu’il nous dit que le souci concernait notre guidon de notre moto non verrouillé. La communication se fait difficile, Nicolas demande quelqu’un qui parle Anglais ou Hindi (mystère, Nicolas se sent de parler Hindi après deux cours, certes efficaces mais plus pour conjuguer l’auxiliaire être que pour négocier avec des flics !!).
On s’assoit donc gentiment en face du monsieur qui remplit des formulaires et un groooos cahier (comme il n’en existe que dans ces administrations qui adooorent les groooos cahiers) en attendant des ‘interprètes-collègues’.
Une vingtaine de minute plus tard, deux autres policiers arrivent. Ils ne parlent aussi que Kannada.

Notre conversation de 5 min s’est limitée à :

- Problem is lock
- Lock is mandatory ?
- Hèèèèènnn Hèèèèènnn
- Hèèèèènnn Hèèèèènnn (dur à reproduire à l’écrit ce long son d’acquiescement utilisé en permanence ici….)
- We didn’t know
- Hèèèèènnn Hèèèèènnn
- Hèèèèènnn Hèèèèènnn
- Ok name
- Ok Hèèèèènnn
- And address
- Hèèèèènnn
- And 200 roupies for fine
- ????
- Hèèèèènnn
- Hèèèèènnn

Et voilà, on a écrit nom + adresse sur une feuille qui allait très certainement finir immédiatement à la poubelle (sinon ils l’auraient écrite sur un cahier), on a donné 200 roupies et on est parti en faisant des sourires et des coucous, heureux de récupérer notre Bullet en 30 min pour 200 roupies (un peu moins de 3 euros…).
Aujourd’hui, après renseignement avec des amis Indiens, on nous confirme que cette règle n’existe pas…
Bref, on a perdu 200 roupies mais bon, si on avait voulu se battre, on y aurait passé quelques heures en plus. Du coup, on se console en se donnant bonne conscience, on se dit qu’on leur a payé leur biryani d’hier soir. Les policiers sont certes complètement corrompus mais aussi complètement sous-payés… Mais on mettra quand même peut être un cadenas la prochaine fois que l’on se garera là-bas !

Traffic Karma

25 mai
2012

Only in India #2

Pour notre deuxième histoire “Only in India“, nous avons proposé à un collègue Indien de Nicolas, Venkat, de partager avec vous l’une de ses anecdotes. Venkat nous fait donc l’honneur d’être le premier rédacteur invité sur Cheese-Naan. Il est en plus écrivain pendant son temps libre, donc on est gâté ! Il a écrit son texte en Anglais et nous l’avons donc traduit ci-dessous. Pour ceux qui lisent l’Anglais, on vous encourage vivement à lire le texte original que nous publions aussi sur ce post. A cette occasion, on pense d’ailleurs commencer à rédiger le blog dans les deux langues Français et Anglais, mais on a donc un petit travail de traduction à faire pour les précédents articles, on vous tiendra au courant quand nous serons prêts.

En attendant, on vous laisse apprécier cette histoire “Only in India” :

Le vendredi c’est le jour où embouteillages sont les plus importants. Nous étions trois, en train de rentrer du bureau, prenant notre raccourci habituel quand nous nous apercevons qu’un énorme embouteillage est en train de se former. On décide donc de faire demi-tour pour prendre la route principale mais on se retrouve finalement bloqué à un carrefour. Alors que nous attendions patiemment que le trafic bouge, je vois dans mon rétroviseur un taxi remontant à toute vitesse à contre-sens. Il remontait en espérant pouvoir s’insérer au dernier moment dans un espace qui n’existait pas, et allait donc créer un embouteillage encore plus grand.

Je descends ma vitre et sort ma main ouverte, comme pour lui dire “Mais qu’est-ce que tu fais?”. Je m’attendais juste à ce qu’il m’ignore et continue sa route, à ma plus grande surprise, il s’arrête à la hauteur de ma voiture (toujours du mauvais côté de la route) et commence à me hurler dessus : “Pour qui tu te prends pour me faire des signes comme ça ? De quel droit ?”. Ensuite, il descends de sa voiture et avance avec l’air menaçant vers ma vitre, continuant d’hurler et de m’insulter en Kannada (la langue locale du Karnataka, l’Etat de Bangalore). Je lui répète simplement mes questions en Anglais. Ni l’un ni l’autre ne parlons la même langue. Il remonte finalement dans sa voiture, prononçant quelques injures de séparation au passage et repart à toute vitesse.

Nous déplorions ensuite tous les trois la dégradation du sens civique de notre société et fulminions silencieusement contre le manque de décence humaine des habitants de Bangalore et de ses impossibles embouteillages. Le serpentin des voitures les unes derrière les autres avançait d’un pouce mais le cycle de notre karma lui, ne progressait pas.

Quelques minutes plus tard, le chauffeur de taxi revient vers nous, accompagné cette fois de trois imposants camarades. Ils portaient moustaches, bracelets et colliers d’or et avaient l’air plutôt dangereux. Je pensais que le chauffeur ramenait certains de ses amis et j’avais du mal à croire qu’il aille encore plus loin sur cette dispute. Ils frappent à ma vitre et après quelques instants d’hésitation, je la baisse. Le plus autoritaire du lot demande au chauffeur : “C’est bien cette voiture ? c’est bien ce gars ?”. Ensuite, il se tourne vers moi et me demande : “Qu’est-ce qu’il vous a dit ? est-ce qu’il vous a insulté ?” Nous lui répétons donc les insultes qu’il nous avait lancés quelques minutes plus tôt. Le gars autoritaire se tourne alors vers le chauffeur et commence à lui faire la morale : “Pour qui tu te prends ? Un grand bagarreur ? Cette personne t’indiques ce qui est juste; comment oses-tu lui crier dessus ?” Et les trois costauds repartent avec le chauffeur de taxi qui avait l’air maintenant tout à fait désolé.

Nous étions tous les trois assis et interloqués dans la voiture. Nous n’aurions jamais pensé que le chauffeur serait puni aussi rapidement. Le karma est habituellement un process interminable où il faut jouer de patience. J’imagine qu’avec le trafic de Bangalore, il s’agit plus d’un “Car-ma”.

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